Après le marathon de Sénart du 1/5 et les Gendarmes et Voleurs du 31/5, je finis mon petit périple de 3 courses en 2 mois par ce trail.
Une grande aventure pour moi, car distance record (max = marathon), de nuit pour une grande partie, sur un trail.
J’avais déjà testé la course de nuit sur un petit trail, et j’ai l’habitude de courir sur les sentiers du Golfe, mais le cumul des difficultés me faisait un peu peur.
De plus, les crampes ressenties à Ambazac étaient encore bien présentes dans ma tête.
Pour éviter cela, j’avais testé la sporténine, prévu la dose pour la course; + hydratation méticuleuse avant et pendant.
Malgré cela, ces foutues crampes m’ont gâché le plaisir …
Préparation : fin de plan 1002 adapté, sur 4 semaines, avec dernière semaine très light, car j’avais du mal a encaisser les sorties longues répétées.
Objectif :
Avec un savant calcul, je m’étais dit qu’il serait possible de boucler ces 56 bornes en 6h. Mais les discussions avec les habitués m’ont vite fait douter. Ils avaient raison !
J’avais prévu partir sur des bases de 6′30 au kilo, soit plus lent que mon footing normal, puis accélérer au 30 si tout allait bien.
Jour J : je suis fin prêt, la patate !
La chance d’avoir de la famille dans le coin, nourri logé et voiture prêtée ![]()
Je me gare vers 17h30 au Port du Crouesty, à l’arrivée, pour prendre la navette qui nous amène au départ à Noyalo.
1h d’avance, je peux me prélasser devant le port de plaisance, en regardant les arrivées éparses des finishers du 177 kms … une autre histoire, un autre monde !
18h30 – navette – ambiance détendue.
Arrivée toujours en avance au point de départ, Noyalo donc. Ici vont passer bientôt les leaders du 86kms, partis à 17h. Des flèches ! Petit coin sympa où il fait bon attendre au soleil.
Nous sommes un peu + de 500. Un peu de temps pour faire la causette avec autres coureurs, la plupart sont ici pour le plaisir, ça se sent.
Je me place plutôt devant, par peur d’être pris dans les bouchons … Je n’aime pas courir plus lentement que je le souhaite.
20h. C’est parti !
Je prends un rythme de sénateur, tranquille, surtout que ça monte au début. j’ai décidé de surveiller très peu mon chrono, contrairement à l’habitude. Courir sans forcer. Au 5ème, je vois que je suis à un peu + de 6′ au kilo; rapide, mais je ne force pas du tout, donc je continue comme ça.
Il faut plusieurs bornes avant d’arriver sur la côte, elle est loin la mer !!! Mais quand on y arrive, cela vaut le coup, je trouve le coin charmant. Ce sera le cas jusqu’au coucher du soleil, donc jusqu’à Sarzeau : un vrai bonheur, le soleil qui se couche sur la mer, il fait chaud, mais c’est plus que supportable, très agréable; Par contre je n’aurais pas voulu être à la place des coureurs du 86 et encore moins du 177, ils ont dû vivre l’enfer sous la canicule !
Plusieurs coureurs du 86 nous rattrapent, nous doublent comme ils peuvent; pas évident à certains endroits, ça doit être pénible, je les plains …
Rapidement, je me retrouve assez isolé, les distances se creusent de façon étonnante.
Premier ravito à Sarzeau au km 23. Énorme, tout un gymnase aménagé, avec même un côté ravitaillement rapide, et un côté “on prend son temps”. Super organisé.
Je suis toujours à 6′ de moyenne au kilo. Je décide de faire une vraie pause. Bon repas avec jambon, pain, pain d’épice, pâtes de fruits … Le plein du camel, et c’est reparti après 10 minutes environ d’arrêt.
Ravito suivant dans 15 kms.
Il fait presque nuit, mais dans Sarzeau on voit encore bien; j’ai bien aimé la traversée du village quasi-désert
Complètement seul, je dois faire gaffe aux balises. C’est très bien fléché, pas de souci. Aucune loupiote à l’horizon.
J’allume la loupiote un peu plus loin, il est environ 22h45.
Le parcours a été jusqu’à maintenant très roulant. Si ça continue comme ça, je me dis qu’il n’y a aucune raison que je ne finisse pas en 6h, 6h30 si je ralentis un peu.
Donc toujours la pêche ! Surtout que la nuit, j’adore ça. On retrouve le sentier côtier, petit à petit le noir complet s’installe, on entend, on sent la mer plus qu’on ne la voit, juste sur notre droite …
Km 32 … c’était trop beau ! Première alerte crampe au dessus du mollet droit. Merde !
Pourtant je n’ai pas arrêté de boire, j’ai pris une dose de sporténine par heure, ça n’aurait pas dû arriver !
Je me dis que ce n’est qu’une petite alerte, qu’en ralentissant un peu ça va passer.
Et puis non, l’alerte sonne de nouveau quelques kms plus loin. Si je ne veux pas choper la vraie crampe, je dois ralentir encore.
Et même marcher, de + en + souvent. Le souci : ne pas se prendre une racine, un caillou, qui amènerait la crampe fatale …
A partir de cet instant, donc sur environ 25 kms, je vais alterner course et marche, parfois je marche plus que je ne cours, parfois l’inverse. Résultat ça n’avance plus, je me fixe alors des objectifs un par un : d’abord prochain ravito, au km 38.
J’y arrive péniblement. Il est environ minuit et demi. Ma vitesse est passée à 9′ au kilo sur ces 10 derniers kms. Là, je remplis la poche juste pour faire les 9kms suivants, prochaine étape ravito.
C’est vers ce moment que nous abordons le passage pénible du sentier côtier : plusieurs passages sur la plage, enfin sur l’étroite bande de plage que la marée haute veut bien nous laisser … Parfois un pied dans l’eau, rien de bien méchant mais ça ajoute une source de pb. Le plus pénible sont ces montées et descentes de marches, courtes certes, mais souvent répétées. Le pire sont les marches à descendre. Je prends mes précautions car le moindre faux-pas et je risque de rester cloué.
Curieusement, peu de coureurs me doublent, tout le monde est dans la galère ? Je vais faire une grande partie avec un 86 bornard grognon, mais sympa. Il me dit qu’il est 14ème, et pourtant il marche autant que moi, sur plusieurs kms ! J’entendrai plusieurs fois “plus jamais ça !”.
J’essaie de courir quand même le + possible, mais ça ne dépasse jamais quelques centaines de mètres, la douleur revient trop vite, obligeant à remarcher.
C’est ainsi que j’arrive au dernier ravito, à 1h30. Pause de 5 minutes pour une bonne soupe. Quelques plaisanteries échangées avec les charmants bénévoles, et c’est parti pour les derniers 9 kms. Faits en 2h, j’arrive donc après 7h30 de course/marche.
Ravi d’arriver, avec un grand sourire
Arrivée
Il est 3h30, je vais me poser un bon moment, prendre un vrai repas, m’allonger un peu par terre car la tête tourne et je sens que le malaise n’est pas loin.
Sur le coup, je suis partagé entre le fait de ne pas avoir abandonné et la déception de ne pas avoir pu me donner comme j’aurais voulu, comme à Ambazac.
Il faut absolument que je trouve comment régler ce pb de crampes, peut-être aller voir un médecin du sport …
Après-coup, le vois que je suis classé dans le premier tiers de la course, très surpris ! Jamais je n’avais atteint une première moitié de classement sur toutes mes courses !
Çà doit donc être ça le trail … ! Du coup je suis finalement plutôt content, et prêt à recommencer l’an prochain, je me demande même si je ne vais pas tenter le 86 !
Distance : 56 km
Temps : 7h 31′ 46″
Classement scratch : 165éme sur 420 arrivants, 580 partants
V1 : 63ème sur 173 arrivants




















